[PJ] Le baiser sur le carré blanc (suite) / Ridicule ET à la mode / Traite innocente (avec chapeau) /
- To: Roland Moreno
- Subject: [PJ] Le baiser sur le carré blanc (suite) / Ridicule ET à la mode / Traite innocente (avec chapeau) /
- From: Roland Moreno
- Date: Mon, 10 Dec 2007 03:42:43 +0100
Title: [PJ] Le baiser sur le carré blanc (suite) /
Ridicule ET à
MONDE
Arts
Une exposition de
la Collection Lambert à Avignon
Face au
baiser
infligé
à l'oeuvre de
Twombly, la
réponse des artistes
7/12/07
Avignon - Envoyé
Spécial
Comment répliquer au
fatal baiser appliqué un
matin de juillet sur une
toile blanche de Cy
Twombly ? Quelle arme
un musée doit-il choisir pour
répondre à une agression qui se dit
artistique ? Depuis le 28 octobre,
la Collection Lambert en Avignon
a tranché en présentant une vaste
exposition : « J'embrasse pas ».
Sur trois étages, elle
tente de cerner
plusieurs questions apparues
dans la foulée du fait divers : le
détournement des oeuvres, l'ambivalence
de l'amour (le baiser qui
tue), l'emballement médiatique ou
encore la puissance d'oeuvres
minimales
comme les
monochromes. <-- Pour la 3D il va falloir attendre que
Twombly expose à Avignon un cube d'aluminium intitulé
"Sculpture".
Certains artistes ont
proposé
spontanément des pièces.
D'autres, vivants ou morts, ont été
convoqués pour l'occasion. Tous,
figures majeures de l'art
contemporain
ou jeunes créateurs
méconnus,
apportent une réponse esthétique
à ce qui s'est transformé en
polémique artistique de l'été.
« Une folie dont je ne
me remets toujours
pas », assure Eric Mézil, le
directeur de la
Collection.
Depuis le 17 juillet, il a pourtant
tout essayé. Le silence, d'abord.
Pendant les premiers jours, il jure
avoir fait profil bas, éconduisant
poliment les journalistes. « C'était
une histoire sans intérêt, un acte de
vandalisme regrettable, rien
d'autre. » Puis, une fois la machine
à produire de l'information lancée,
la colère l'a submergé. « Je ne pouvais
plus me taire. Les journaux du
monde entier appelaient. L'AFP
publiait entre deux et cinq dépêches
par jour. J'ai alors commis quelques
maladresses. J'ai parlé de viol de l'oeuvre,
j'ignorais que la jeune femme en
question avait elle-même été violée
dans son enfance. »
Ensuite s'est imposée la réponse.
Unprocès retentissant,au tribunal
de grande instance d'Avignon,
etunjugement endemi-teinte. Rindy
Sam, la jeune artiste cambodgienne
aux lèvres de feu, était
condamnée, le 16 novembre, à
1 500 euros de
dommages-intérêts
et 100 heures de travaux
d'intérêt
général. Loin, donc, des 2 millions
d'euros- le prix de
l'oeuvre-
réclamés
par le propriétaire.
De quoi laisser de sérieux
regrets à l'équipe de la Collection
et à Cy Twombly.« Lui m'a dit avec
ironie que son nom serait désormais
connu de tous les Français, mais uniquement
comme celui qui aura fait
une toile blanche baisée
par une
femme se
prenant
elle-même pour
une <-- et Cy Twombly, il ne se prendrait pa pour un
artiste, des fois ?
artiste, poursuit Eric
Mézil. Nous, ça nous a
offert une publicité?
effrayante. On m'a même
proposé d'écrire un scénario
pour la télé. C'est
l'inverse du travail de
fond que nous menons
depuis des années. »
La Collection a donc décidé de
revenir sur son terrain : l'art. Puisque
les musées du monde entier
marquaient leur solidarité et que
de nombreux artistes proposaient
leurs services, l'institution a bousculé
son calendrier. Prévue pour
cet automne, l'exposition de la
vidéaste Candice Brietz a été
repoussée au printemps 2008. Et
l'équipe s'est lancée dans l'aventure.
OEuvres réalisées pour l'occasion,
prêts d'artistes ou d'institutions,
pièces puisées dans le fonds
de la Fondation Lambert : « Nous
avons construit un parcours qui se
veut pédagogique », assure-t-on à
la Collection.
Avec d'abord le baiser, dans toutes
ses connotations. De la célèbre
étreinte de Joseph Cotton
et Ingrid Bergman,
dans Les Amants du
Capricorne, d'Alfred Hitchcock,
aux bouches
scellées empruntées aux
romans de gare par
Annette Messager dans
les années 1970 pour
témoigner de la mièvrerie
que peut cacher l'acte
; du Baiser de l'artiste,
performance réalisée par Orlan en
1977 et présentée dans une nouvelle
installation,où s'exhibe la vénalité
de l'acte, au dernier baiser de
Gotscho à Gilles, offrande d'amour
à la porte de la mort, saisie par l'objectif
de Nan Goldin. Douglas Gordon,
Andy Warhol, Bruce Neuman,
Roni Horn, Betrand Lavier :
les bouches se suivent, toujours saisissantes,
souvent trompeuses.
Les organisateurs ont voulu
aller plus loin. Rappeler, avec le
plasticien Xavier
Veilhan,
l'impossibilité
de tout sécuriser sous peine
de voir disparaître
l'oeuvre d'art. <--- Ça c'est bien vu. Les Napoléon
stockés par mon coffre, à la BNP, on peut dire qu'ils ont
« disparu ».
Témoigner, avec Daniel
Buren et
ses fameuses bandes de couleur,
de la spirale incontrôlable qui peut
saisir les relais d'opinion. Opposer,
avec Anselm
Kiefer, la
violence
nécessairedu geste
artistique à
celle
gratuite des iconoclastes
autoproclamés.
Ou encore marteler,
tableau à l'appui, que lorsque Marcel
Duchamp mit des moustaches
à la Joconde, il le fit sur une reproduction.
La dernière salle, blanche,
immaculée, vient rendre hommage
à l'oeuvre vandalisée de Cy
Twombly. Un triptyque de
Robert Ryman
<-- Comme Soulages ne fait que du noir, Ryman ne fait que du blanc.
(Un peu comme Twombly.)
y rappelle, de façon saisissante,
la fragilité du
patrimoine
artistique. Il y a quinze ans, le
monochrome avait
été violemment
marqué de rouge à lèvres.
Restaurée, la toile avait
retrouvé sa
blancheur initiale. Mais avec le
tempsla trace estpeu à peu
réapparue.
« Comme la marque
d'une
sentence
divine », soupire, à moitié
souriant, <-- Comme le verre à moitié plein/ à moitié
vide : comment faire pour « à moitié »
sourire ?
Eric Mézil.
Nathaniel
Herzberg
7/10/2007
ERICK
Traite de la
blanche
ÊTRE RIDICULE ET À
LA MODE
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