Édition spéciale CRÉATION (aujourd'hui l'Abstraction lyrique) /
- Date: Wed, 9 Apr 2008 18:45:44 +0200
l'Abstraction lyriq
MONDE
Le geste et
la spontanéité du peintre
La Fondation Beyeler,
près de Bâle, présente 110 tableaux de l'abstraction lyrique,
avec Jackson Pollock pour héros
Riehen (Suisse)
- Envoyé spécial
À chaque exposition,
on
en reste pantois :
la fondation
Beyeler, près de
Bâle, en Suisse, a le
secret des emprunts
exceptionnels de tableaux. Ainsi,
pour célébrer l'Action Painting,
ce mouvement apparu après la
seconde guerre mondiale en Europe
et aux Etats-Unis,
son conservateur,
Ulf
Küster, a
réuni 110 toiles,
dont pas
moins de 13 de Jackson
Pollock
(1912-1956), héros de
l'art américain. Parmi lesquels
Number
5, de 1948, dont la
"Number 6" ou "Number
0,9" il se serait vendu moins cher
rumeur en fait le
tableau le plus
cher du monde : il aurait été
échangé pour
140 millions de dollars
lors d'une
transaction privée
en 2007. A imaginer les primes
d'assurances
afférentes, on comprend
que, lorsque la fondation
Beyeler veut organiser une exposition,
elle sait s'en donner les
moyens.
Sont donc regroupés dans cette
exposition fastueuse 27 artistes
qui, après 1945,
ont, par leur
pratique
affranchie des règles traditionnelles
de la
composition,
bouleversé
l'histoire de
l'art.
Hélas, il en manque au moins
un : Georges Mathieu est absent
de l'exposition, et, quoi qu'on pense
de son travail, surtout dans les
musées français qui ne le soutiennent
guère quand ils ne le torpillent
pas à plaisir, c'est une faute
historique.Ne serait-ce que parce
que c'est lui qui, avec le galeriste
Paul Facchetti,
fut
l'introducteur
de Pollock en Europe. Il fut
aussi l'un des
principaux
théoriciens
de l'Abstraction
lyrique,
comme on nommait en France
cette peinture
fondée sur le geste
et la
spontanéité.
On
s'en convaincra, par
exemple, en visionnant
Georges Mathieu où la
fureur d'être, le film épatant
que Frédéric Rossif
lui consacra en 1971
(DVD aux éditions
Zoroastre). Mais l'absence
est d'autant plus
incompréhensible que
l'exposition montre a contrario
des artistes qui,
comme
Arman,
Eva Hesse, ou Cy
Twombly,
n'ont
qu'un très lointain rapport avec le
sujet.
La vision que donne la fondation
Beyeler de l'Action Painting
est donc partiale, ou originale,
selon les goûts. Tirée par les cheveux,
dans certains cas, elle n'en
reste pas moins spectaculaire.
Elle débute avec certains des habituels
pères fondateurs
de ce que le critique
Michel Tapié nommait
« un art autre » : Wols,
Fautrier, Hartung pour
le volet parisien, Gorky,
Hofmann, Matta pour
les prémices de l'aventure
américaine, qui
intègre aussi Lee
Krasner, madame Pollock
pour l'état civil.
Vient
ensuite le
morceau de
bravoure, avec l'ensemble de drippings,
la peinture coulée sur la toile
posée à l'horizontale caractéristique
du travail de
Pollock,
dont
la gestuelle particulière fut
immortalisée par le photographe
Hans Namuth (ses deux films
tournés sur Pollock en 1950 sont
projetés à la
fondation), et
quelques oeuvres
biens choisies
d'autres membres de cette « école
de New York » qui imposa l'Amérique
parmi les ténors de l'art
moderne : Franz Kline, Clyfford
Still, Morris Louis, De Kooning,
Motherwell, Sam Francis, Joan
Mitchell ou Helen Frankenthaler.
Mais l'accrochage montre aussi
leurs homologues européens,
comme le trop peu vu peintre allemand
Ernst Wilhelm Nay, deux
des fondateurs du mouvement
Cobra, Karel Appel et Asger Jorn,
ou le très
attachant Shiraga, le
japonais du groupe Gutaï qui
peint avec les
pieds.
Enfin, cerise sur le gâteau, le
parcours comporte un fil rouge
nommé Pierre Soulages. Le peintre
français est en effet représenté
d'un bout à l'autre de l'exposition
avec des toiles significatives,
jalons d'une carrière entamée en
1946. Présent le jour du vernissage,
il a reçu un
vibrant hommage
du nouveau directeur de la fondation,
Samuel Keller, l'ancien
patron de la foire de Bâle qui
n'oublie jamais que si une exposition
est réussie, les artistes y sont
peut-être, aussi, pour quelque
chose.
Harry
Bellet
« Action Painting ».
Fondation Beyeler,
Baselstrasse 101, CH-4125, Riehen (Suisse).
Tél. : (00)-41-61-645-970. De
10 heures à 18 heures ; mercredi, jusqu'à
20 heures. Jusqu'au 12 mai. Catalogue
éd. Hatje Cantz, 204 p. , 68 CHF.
www.beyeler.com
Tantôt qualifié de
mouvement, tantôt de technique, ce terme est utilisé pour la
première fois par le critique new-yorkais Harold Rosenberg pour
définir le travail de certains expressionnistes abstraits, pour
souligner l'importance du
mouvement, de la gestuelle
dans l'acte
créateur.
Dans cette "peinture
d'action", le tableau devient " une "arène où
agir", les artistes peignent sur de grandes toiles pour
priviligier l'acte physique de peindre, les artistes réalisent des
¦uvres abstraites en peignant, égouttant ou projetant de la couleur
sur la toile et seule importe la
révélation contenue dans l'acte.
« Ce qui doit passer sur la toile, dit Rosenberg, n'est pas une
image, mais un fait, une action ».
Un des peintres les plus
connus de ce mouvement est Jackson Pollock, Il utilise une forme de
l'Action Painting, la technique du « dripping »,
technique dans laquelle la
couleur est égoutée de manière aléatoire sur une toile posée
à même le sol.
Une de peinture inspirée de
la technique du "dripping" de Pollock :
Pollock en pleine
création
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